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Le défi sportif et solidaire de Théo Vétil

Le défi sportif et solidaire de Théo Vétil

Passionné par le sport et la nature, Théo Vétil vient d’achever son tour de France à pied, par les GR®. En plus du défi sportif, ce jeune costarmoricain a souhaité associer son projet à une cause solidaire : sensibiliser sur la maladie de Parkinson et récolter des fonds pour la recherche médicale.  

Parti du Val André le 11 janvier 2025, Théo était de retour le 13 décembre 2025, accompagné par de nombreuses personnes de tous horizons. Un moment joyeux et très émouvant.

Des randonneurs de l’Amicale Rando Pléneuf Val André étaient à ses côtés, lors de son départ et à son arrivée. Christine Prost, présidente de l’Amicale Rando Pléneuf Val André, a pu échanger avec Théo à son retour. 

Dans l’échange, vous lirez en particulier le bel hommage rendu par Théo à nos baliseurs.

Théo, peux-tu nous présenter ton projet ?

« J’ai décidé d’une année de pause dans mes études car je n’arrivai pas à me fixer : d’abord avec un projet sur le GR® 34, puis sur un tour de France à pied par les sentiers de Grande Randonnée (GR®) en 365 jours. C’était une occasion aussi de m’engager et, après réflexion, j’ai choisi de sensibiliser sur la maladie de Parkinson. Ma tante est atteinte de cette maladie et, avec son accord, j’ai décidé de partir en m’appuyant sur l’association France Parkinson.

Avant le départ, il a fallu acheter du matériel, étudier le terrain… J’ai pu bénéficier du soutien de nombreux partenaires que je rermercie vivement. »

Ton défi en quelques chiffres ?

« J’ai parcouru 8 300 km en 11 mois, soit une moyenne de 22 km / jour.

Mon sac pesait entre 12 et 25 kg (tente, matériel, vêtements, nourriture…), soit un poids moyen d’environ 16 kg

J’ai usé 5 paires de chaussures de randonnée, soit une paire tous les 1 660 km ! ».

Quel sont tes plus beaux souvenirs durant cette année sur les chemins et quels sont les coins qui t’ont le plus plu ?

« Je suis parti du Val André le samedi 11 janvier 2025. Sur cette première étape, j’étais accompagné par environ 150 personnes pour les premiers km. Il y avait beaucoup de monde, c’était une journée chargée en émotions et l’un de mes meilleurs souvenirs. Plus globalement, ce tour de France aura été une grande aventure humaine et un grand défi sportif, l’occasion aussi d’inciter les gens à pratiquer une activité physique.

Pour la région la plus belle, je dirai la Bretagne 😉 mais si je n’étais pas chauvin, je dirai les Pyrénées. J’ai beaucoup aimé ces montagnes, où j’ai pu marcher dans des zones peu fréquentées. En Bretagne, j’ai beaucoup aimé les falaises de Plouha ainsi que la partie nord du Cap Sizun, entre Douarnenez et la pointe du Raz. »

Tu as emprunté 26 sentiers de Grande Randonnée (GR®). Quel est le GR® qui t’a le plus marqué ?

«  Le GR® 34 m’a beaucoup marqué pour plusieurs raisons. La première est qu’il ma permis de découvrir ma région natale que je connaissais peu finalement… Il m’a permis aussi d’accéder à des lieux moins connus, plus isolés. Je me sentais privilégié dans ces situations. La deuxième raison est que la Bretagne est une terre très diversifiée : chaque côte est différente et, en seulement quelques kilomètres, voire quelques mètres parfois, le paysage peut changer (végétation, géologie, dénivelé, température, vent…). L’itinéraire est varié et il ne faut pas le sous-estimer : sa technicité, due aux rochers, racines et autres obstacles, ainsi que le dénivelé, demandent aux randonneurs de sans cesse « relancer » leur effort. Il n’y a donc aucune lassitude sur le GR® 34. J’ai passé en tout 70 jours à le parcourir et j’ai tendance à dire qu’il n’y a pas besoin d’aller autre part quand autant d’éléments sont à découvrir autour de chez nous.

Le GR® 10, qui traverse les Pyrénées, était aussi une belle surprise. Ce sentier m’a fait vivre une expérience hors du temps, en vivant 150 ans en arrière : je dormais dans les cabanes de bergers, je portais dans mon sac des provisions pour parfois 2 ou 3 jours… Ces massifs sont rudes, sauvages mais conservent leur beauté, leur authenticité et leur calme, loin de la civilisation. »

Globalement, sur l’ensemble de ton périple, comment as-tu trouvé l’état des chemins ?

« La gestion des sentiers est globalement très correcte sur tout le territoire français. Certaines sections sont moins bien balisées que d’autres. Cela s’explique sans doute par un manque de bénévoles mais aussi par le fait que chaque baliseur a un regard différent sur la façon de s’orienter. Certains vont avoir tendance à « sous-baliser » puisqu’ils connaissent les lieux. Un exemple concret est l’utilisation des croix qui indiquent que le chemin emprunté n’est pas le bon. Dans certaines zones, les croix sont très utilisées et permettent de savoir rapidement si on se trompe, tandis que dans d’autres endroits, les barres horizontales blanches et rouges sont les seules indications. Et lorsque ce balisage disparaît (poteau tombé, végétation ayant poussé…), on peut vite se tromper de sentier sans s’en rendre compte. En Bretagne, et notamment dans les Côtes d’Armor, c’était plus facile car la mer est un bon point de repère pour avancer.

Sur ce sujet, je voudrais dire que les sentiers qui traversent nos régions sont une réelle richesse et un moyen formidable pour découvrir la France. Le travail des bénévoles pour l’entretien, la gestion, le balisage et la connexion des sentiers est vraiment important. J’ai pu entendre plusieurs témoignages, durant mon tour de France, me disant que des sentiers se refermaient par manque de bénévoles. Les sentiers sont un réel cadeau, ils témoignent de notre histoire et permettent à n’importe qui – randonneurs à la journée ou en itinérance, coureurs… – de profiter de la nature qui nous entoure, de se détendre et de découvrir une région. »

Comment étais-tu organisé pour suivre ton itinéraire ?

« J’avais bien préparé mon itinéraire en amont. Sur place, je me fiais principalement au balisage et j’utilisais des topoguides ainsi qu’une application sur mon téléphone qui me permettait d’accéder aux cartes IGN en mode hors ligne. »

Comment se passaient tes journées ? 

« Je marchais seul mais j’étais aussi souvent accompagné. Des amis ou de la famille m’ont en effet rejoins à différents moments de ce tour de France. J’ai aussi organisé des actions pour sensibiliser sur la maladie de Parkinson tout au long de mon parcours : conférences, collectes, marches ouvertes à tous sur certaines étapes, avec des clubs de randonnée ou des groupes plus spontanés… Donc je n’ai pas ressenti la solitude comme une difficulté malgré mes 113 jours de marche en solitaire. Les rencontres en chemin et les discussions avec des inconnus sont encore plus faciles lorsque l’on se trouve seul ! Et puis, lorsque j’étais seul, je faisais des pauses dans les cafés de village et je dormais souvent chez l’habitant ce qui me permettait « de casser » la solitude de la journée et de voir du monde. C’était en revanche moins facile dans les endroits où il y a peu de commerces comme dans l’est ou le nord de la France. »

Pour terminer, qu’est-ce que cette aventure t’as apporté ?

« Les bienfaits de cette aventure sont nombreux. Ca m’a notamment permis de prendre du recul sur ma vie et de me recentrer sur les choses essentielles : profiter de chaque moment, me déconnecter… Marcher permet d’être à l’écoute de soi-même et d’être observateur de son environnement : lorsque j’étais en forme, j’avançais plus ; lorsque j’étais fatigué, je faisais une sieste ; lorsque j’avais faim, je mangeais ; lorsqu’il faisait froid, je mettais une couche de plus, lorsque le soleil commençai à se coucher, je m’arrêtais de marcher… Pour résumer, j’ai aimé écouter mon corps, suivre le soleil et les saisons. J’ai l’impression d’avoir été en phase avec moi-même, d’être connecté à la nature, de vivre la vraie vie tout simplement.

Outre les bienfaits liés à la marche, le côté caritatif de ce projet et les nombreuses rencontres faites tout au long de cette année m’ont aussi bien évidemment beaucoup apportés. 

Encore merci pour votre mobilisation dans ma dernière journée de marche. C’était un très beau moment de partage autour de quelque chose qui nous rassemble tous : la marche et le mouvement ! »

Merci à Christine et aux randonneurs de l’Amicale Rando Pléneuf Val André pour cette initiative.

et BRAVO Théo ! Bonne continuation et au plaisir de te croiser sur les chemins !